Retour au blog en Français - Back to the blog in English
Passage du Cabo Finisterre
by Pascal Bouche on May 1, 2010
Voici nos premières news suite à notre départ de Locmariaquer le jeudi 22 avril. Nous avons passé la pointe de Kerpenhir à 10 heures comme prévu en faisant deux empannages pour nos amis restés sur la berge. Pierre, le responsable du port, avait armé son bateau de banderoles qu'ont déployées une dizaine d'enfants. "Bon voyage !", "Bon vent !". Merci à vous pour ce témoignage d'amitié. Nous avons appris que notre ami Eric de Best Composite était sur la pointe avec ses amis pour entonner des chants de marin à notre attention. Merci à eux ;-)
Nous avons passé notre première nuit en mer avec les enfants sous un vent modéré de 18 noeuds en direction de Villano. La traversée fut paisible.
A peine troublée par un petit soucis d'eau dans le compartiment moteur et...
L'après-midi de notre seconde journée en mer...
"Pascal ? On n'a plus de barre !"
Je me suis réveillé en sursaut pour voir ce qu'il en retournait. Jérôme nous avait mis à la cape ce qui nous a permis de voir que Quetzalcoatl la tenait bien, la cape. Un coup d'oeil dans le compartiment moteur et le verdict est sans appel. Le bras du vérin d'un côté, le bras de mèche de l'autre. Entre les deux, rien ! Clés à molette et clés de 19 dans les mains, nous avons remonté tout cela. Depuis, nous surveillons toutes les deux heures pour s'assurer que cela ne recommence pas. En fait, le vérin quand il fonctionne tourne autour du contre écrou qui le dévisse du bras de mèche. A la longue, cela se sépare et nous n'avons plus de barre. Il y a eu plus de peur que de mal. Nous repartons en route vers le sud.
Après la seconde nuit, le temps change. Nous venons de passer la queue de l'anticyclone. C'est impressionnant. Un véritable mur de nuage. De part et d'autre, du soleil et du ciel bleu. Enfin par pour longtemps car nous entrons dans la zone dépressionnaire. Nous le savions avant de partir mais si nous ne profitions pas de cette petite fenêtre, nous aurions du rester encore une semaine et nos équipiers doivent reprendre leurs occupations à la rentrée scolaire. Ce sont des profs :-)
Uruhann prend très à coeur son rôle de "Réveil homme de quart". Personne ne reste au lit après son passage, croyez-moi !
Un couple d'hirondelles de mer vient à bord avec leur petit. Ils entrent dans le bateau et s'installent à la table à carte. Ils semblent exténués. Cela amuse les enfants, émerveille Yonnel et m'inquiète un peu. Ils ont l'air si fatigué que je me demande quel temps ils viennent d'affronter. Mais profitons pour le moment de cette amitié retrouvée entre l'animal et l'humain ;-)
Voir sur une carte une dépression, c'est quelque chose. La vivre, c'est autre chose. Bien sûr le vent est au sud et donc en face de nous. Nous décidons de nous écarter vers l'ouest pour ménager le bateau et l'équipage et, nous écarter du Golfe. La mer se forme très vite. Nous avons 3 m de creux et notre allure, le bon plein est limite pour une partie de l'équipage. Heureusement les dauphins viennent nous rendre nos sourires et nous accompagnent jusqu'à la tombée du jour. J'ai même la chance d'en avoir deux sur tribord qui me suivent pendant une heure à 1 m du flotteur. Comme nous nous écartons de notre route et que le vent refuse, nous décidons de virer de bord et de faire un cap au sud-est en espérant que pendant la nuit il adonnera encore et que nous pourrons rejoindre un abris. Oui, nous avons abandonné l'option Villano, Vigo pour préférer une route vers La Corogne voire Cabo Ortega. Pour l'instant notre route nous mène vers Gijon, prononcé Rrrirrronnne. Cela ne nous rapproche pas du Cap mais nous ne sommes plus que deux à tenir le coup.
Des grains passent au-dessus de nous créant des surventes et nous rinçant légèrement. A la tombée de la nuit, le ciel se dégage et le soleil fait son apparition pour nous saluer une dernière fois. Avec Jérôme, nous nous relayons toute la nuit. Le vent adonne comme prévu et nous pouvons remonter au 180, puis au 190. Ce sera Cabo Ortega !
Vers 4 heures du matin, je suis complètement mort. Nous faisons des quarts de deux heures mais le froid se fait vraiment sentir. Tous nos appareils sont allumés : Radar, Navnet, pilote. Tout fonctionne à merveille mais voilà… Des marques apparaissent sur le radar. Nous les identifions comme des marques de balisage pour des filets. Nous sommes entourés de pêcheurs et des gros cargos passent au loin. Nous voyons des lumières que nous identifions comme des balises lumineuses identifiants ces satanés filets. Jérôme veille au radar et je suis à la barre.
Pascal : Alors ces marques ?
Jérôme : On dirait qu'elles avancent comme nous ?!
Pascal : Bon, je mets le moteur et je lof !
30 minutes plus tard... Pascal : Les points sont toujours très loin, je ne comprends pas. Je pense qu'on avance pas où alors c'est elles qui avancent ?!!!
Jérôme : Ben, sur le radar, elles sont toujours à la même distance ?!!
Pascal : La côte approche !
Jérôme me rejoint sur le pont. On regarde les lumière. On se regarde. "Ce sont les lumières des phares de Cabo Ortega !!!" Arrivé au port, nous comprendrons que les points sur le radar étaient des marques que nous avions du mettre par erreur et que les feux lumineux dans la nuit, n'étaient que les phares salvateurs. Quand la fatigue vous tient, les risques grandissent... Nous voici arrivé à Cabo Ortega le dimanche 25 avril à 6 heures du matin. Le temps de jeter l'ancre et nous voilà tous couchés à 6 heures 30 pour une bonne nuit de sommeil ! Euh ? Et les enfants ? Ils ont bien dormi. Même très bien. Du coup, tout le monde debout à 10 heures ! Merci les enfants ;-) Nous avons visité ce petit village. Mangé nos premiers tapas et petits poulpes. Bue nos premières Cervezas et Pino Tinto et rencontré une personne formidable, Vicente Allonzo et le mythe de San Andres. Mais cela est une autre histoire... Nous voulions visiter San Andres le lendemain mais la météo en décide autrement. La dépression est montée vers le nord mais elle est suivie par une autre encore plus forte. Il faut avancer vite. Nous remontons l'ancre et mettons le Cap sur La Corogne. Le temps d'y passer la nuit et de reprendre notre route vers Camarinas.
Nous avons même l'occasion de nous faire un ami. Bottine apprécia son tact et son pelage méridional.
Quelques scipiones plus loin, nous repartons cette fois pour le grand passage. Le Cabo Ho… Finisterre. Nous sommes dans une zone perturbée et le vent est tombé. Du moins jusqu'au passage du Cap. La houle est présente avec ses 4 m mais elle ne nous empêche pas de fêter l'évènement au passage du Cailloux.
Le Cap est maintenant derrière nous. Juste le temps de le regarder s'éloigner et le vent commence à monter. 13 noeuds, 18 noeuds, 22 noeuds… Heureusement, nous embouquons dans la passe vers la Ria Muros et Portosin. Nous jetons l'ancre vers 16 heures. Le ciel est bleu, il fait 22 degrès, la mer est à 19 degrès. Tout le monde est heureux. Nous avons passé le Cap !
A peine troublée par un petit soucis d'eau dans le compartiment moteur et...
L'après-midi de notre seconde journée en mer...
"Pascal ? On n'a plus de barre !"
Je me suis réveillé en sursaut pour voir ce qu'il en retournait. Jérôme nous avait mis à la cape ce qui nous a permis de voir que Quetzalcoatl la tenait bien, la cape. Un coup d'oeil dans le compartiment moteur et le verdict est sans appel. Le bras du vérin d'un côté, le bras de mèche de l'autre. Entre les deux, rien ! Clés à molette et clés de 19 dans les mains, nous avons remonté tout cela. Depuis, nous surveillons toutes les deux heures pour s'assurer que cela ne recommence pas. En fait, le vérin quand il fonctionne tourne autour du contre écrou qui le dévisse du bras de mèche. A la longue, cela se sépare et nous n'avons plus de barre. Il y a eu plus de peur que de mal. Nous repartons en route vers le sud.
Après la seconde nuit, le temps change. Nous venons de passer la queue de l'anticyclone. C'est impressionnant. Un véritable mur de nuage. De part et d'autre, du soleil et du ciel bleu. Enfin par pour longtemps car nous entrons dans la zone dépressionnaire. Nous le savions avant de partir mais si nous ne profitions pas de cette petite fenêtre, nous aurions du rester encore une semaine et nos équipiers doivent reprendre leurs occupations à la rentrée scolaire. Ce sont des profs :-)
Uruhann prend très à coeur son rôle de "Réveil homme de quart". Personne ne reste au lit après son passage, croyez-moi !
Un couple d'hirondelles de mer vient à bord avec leur petit. Ils entrent dans le bateau et s'installent à la table à carte. Ils semblent exténués. Cela amuse les enfants, émerveille Yonnel et m'inquiète un peu. Ils ont l'air si fatigué que je me demande quel temps ils viennent d'affronter. Mais profitons pour le moment de cette amitié retrouvée entre l'animal et l'humain ;-)
Voir sur une carte une dépression, c'est quelque chose. La vivre, c'est autre chose. Bien sûr le vent est au sud et donc en face de nous. Nous décidons de nous écarter vers l'ouest pour ménager le bateau et l'équipage et, nous écarter du Golfe. La mer se forme très vite. Nous avons 3 m de creux et notre allure, le bon plein est limite pour une partie de l'équipage. Heureusement les dauphins viennent nous rendre nos sourires et nous accompagnent jusqu'à la tombée du jour. J'ai même la chance d'en avoir deux sur tribord qui me suivent pendant une heure à 1 m du flotteur. Comme nous nous écartons de notre route et que le vent refuse, nous décidons de virer de bord et de faire un cap au sud-est en espérant que pendant la nuit il adonnera encore et que nous pourrons rejoindre un abris. Oui, nous avons abandonné l'option Villano, Vigo pour préférer une route vers La Corogne voire Cabo Ortega. Pour l'instant notre route nous mène vers Gijon, prononcé Rrrirrronnne. Cela ne nous rapproche pas du Cap mais nous ne sommes plus que deux à tenir le coup.
Des grains passent au-dessus de nous créant des surventes et nous rinçant légèrement. A la tombée de la nuit, le ciel se dégage et le soleil fait son apparition pour nous saluer une dernière fois. Avec Jérôme, nous nous relayons toute la nuit. Le vent adonne comme prévu et nous pouvons remonter au 180, puis au 190. Ce sera Cabo Ortega !
Vers 4 heures du matin, je suis complètement mort. Nous faisons des quarts de deux heures mais le froid se fait vraiment sentir. Tous nos appareils sont allumés : Radar, Navnet, pilote. Tout fonctionne à merveille mais voilà… Des marques apparaissent sur le radar. Nous les identifions comme des marques de balisage pour des filets. Nous sommes entourés de pêcheurs et des gros cargos passent au loin. Nous voyons des lumières que nous identifions comme des balises lumineuses identifiants ces satanés filets. Jérôme veille au radar et je suis à la barre.
Pascal : Alors ces marques ?Jérôme : On dirait qu'elles avancent comme nous ?!
Pascal : Bon, je mets le moteur et je lof !
30 minutes plus tard... Pascal : Les points sont toujours très loin, je ne comprends pas. Je pense qu'on avance pas où alors c'est elles qui avancent ?!!!
Jérôme : Ben, sur le radar, elles sont toujours à la même distance ?!!
Pascal : La côte approche !
Jérôme me rejoint sur le pont. On regarde les lumière. On se regarde. "Ce sont les lumières des phares de Cabo Ortega !!!" Arrivé au port, nous comprendrons que les points sur le radar étaient des marques que nous avions du mettre par erreur et que les feux lumineux dans la nuit, n'étaient que les phares salvateurs. Quand la fatigue vous tient, les risques grandissent... Nous voici arrivé à Cabo Ortega le dimanche 25 avril à 6 heures du matin. Le temps de jeter l'ancre et nous voilà tous couchés à 6 heures 30 pour une bonne nuit de sommeil ! Euh ? Et les enfants ? Ils ont bien dormi. Même très bien. Du coup, tout le monde debout à 10 heures ! Merci les enfants ;-) Nous avons visité ce petit village. Mangé nos premiers tapas et petits poulpes. Bue nos premières Cervezas et Pino Tinto et rencontré une personne formidable, Vicente Allonzo et le mythe de San Andres. Mais cela est une autre histoire... Nous voulions visiter San Andres le lendemain mais la météo en décide autrement. La dépression est montée vers le nord mais elle est suivie par une autre encore plus forte. Il faut avancer vite. Nous remontons l'ancre et mettons le Cap sur La Corogne. Le temps d'y passer la nuit et de reprendre notre route vers Camarinas.
Nous avons même l'occasion de nous faire un ami. Bottine apprécia son tact et son pelage méridional.
Quelques scipiones plus loin, nous repartons cette fois pour le grand passage. Le Cabo Ho… Finisterre. Nous sommes dans une zone perturbée et le vent est tombé. Du moins jusqu'au passage du Cap. La houle est présente avec ses 4 m mais elle ne nous empêche pas de fêter l'évènement au passage du Cailloux.
Le Cap est maintenant derrière nous. Juste le temps de le regarder s'éloigner et le vent commence à monter. 13 noeuds, 18 noeuds, 22 noeuds… Heureusement, nous embouquons dans la passe vers la Ria Muros et Portosin. Nous jetons l'ancre vers 16 heures. Le ciel est bleu, il fait 22 degrès, la mer est à 19 degrès. Tout le monde est heureux. Nous avons passé le Cap !
Version 29.1 last modified by Pascal Bouche on 02/05/2010 at 14:37
